Le 2 novembre 2026, la Stichting Samenwerken Voor Veiligheid (SSVV) a publié la nouvelle version de la LSI/VCU (Liste de controle Sécurité santé entreprises de travail Intérimaire - Veiligheid en Gezondheid Checklist Uitzendorganisaties), référentiel de certification en matière de sécurité et de santé destiné aux entreprises de travail intérimaire. Cette nouvelle version, LSI/VCU 2026/6.0, remplace la LSI/VCU 2011/05 et met davantage l'accent sur la clarification des responsabilités, l'amélioration des échanges d'informations en matière de sécurité et la maîtrise efficace des risques auxquels les travailleurs intérimaires sont exposés. Elle comporte également plusieurs points d'attention importants pour les entreprises de travail intérimaire belges et leurs clients.
Une mise à jour approfondie de la LSI/VCU
La LSI/VCU est un référentiel de certification destiné aux entreprises de travail intérimaire qui mettent des travailleurs à disposition pour effectuer des activités à risque ou travailler dans des environnements présentant des risques particuliers. Elle est principalement utilisée dans des secteurs tels que l'industrie, la construction, les services techniques et la maintenance, où les entreprises utilisatrices sont souvent elles-mêmes certifiées VCA.
La certification LSI/VCU permet à une entreprise de travail intérimaire de démontrer qu'elle dispose d'un système structuré de management de la sécurité et de la santé et qu'elle organise de manière systématique la mise à disposition de travailleurs intérimaires dans des conditions de travail sûres et saines.
La version précédente de la LSI/VCU datait de 2011. Depuis lors, tant la réglementation que les connaissances et les pratiques en matière de sécurité et de santé au travail ont évolué. Un groupe de travail commune Belgique-Pays-Bas LSI/VCU a consacré des années à la préparation. Les propositions ont finalement reçu l’aval des comités d’experts des organismes de gestion du VCA dans les deux pays. Une dernière finition a été apportée lors de la phase d’acceptation auprès des autorités d’accréditation.
La LSI/VCU 2026/6.0 actualise le référentiel de certification et assure une meilleure cohérence avec la nouvelle VCA 2026/6.1, publiée plus tôt cette année.
Quelles sont les principales nouveautés ?
La nouvelle LSI/VCU conserve les principes fondamentaux du référentiel existant, tout en renforçant et en clarifiant plusieurs de ses composantes.
1. Des responsabilités mieux définies et une collaboration renforcée
L'un des principes essentiels de la LSI/VCU 2026/6.0 est que la sécurité et la santé dans le travail intérimaire reposent sur une responsabilité partagée entre l'entreprise de travail intérimaire, l'entreprise utilisatrice et le travailleur intérimaire lui-même.
La nouvelle checklist insiste davantage sur la nécessité de conclure des accords clairs concernant les tâches à effectuer, les risques présents, les compétences requises, les mesures de prévention ainsi que les informations et instructions à communiquer aux travailleurs intérimaires.
L'échange d'informations en temps utile est particulièrement important. En effet, la préparation des conditions de sécurité doit commencer avant même le début effectif de la mission.
2. Une attention accrue à la maîtrise des risques tout au long de la mission
La maîtrise des risques ne peut se limiter à la sélection et à l'affectation d'un travailleur intérimaire. Les risques pertinents, les modifications des conditions de travail et les mesures de prévention nécessaires doivent également faire l'objet d'un suivi approprié pendant l'exécution de la mission.
Cela suppose une bonne collaboration entre l'entreprise de travail intérimaire et l'utilisateur, notamment en cas de modification des tâches, d'incidents ou d'apparition de nouveaux risques sur le lieu de travail.
3. Une meilleure traçabilité et documentation
La nouvelle LSI/VCU accorde davantage d'importance à la formalisation et à la traçabilité des informations, des accords conclus et des mesures prises.
Les entreprises de travail intérimaire doivent pouvoir démontrer qu'elles ont obtenu les informations nécessaires en matière de sécurité, que les travailleurs intérimaires ont été sélectionnés et informés de manière appropriée et que les accords conclus font effectivement l'objet d'un suivi.
4. Mieux tirer les enseignements des incidents et des situations dangereuses
Une attention accrue est également accordée à la déclaration, à l'analyse et au suivi des accidents du travail, des presque-accidents et des situations dangereuses.
L'objectif n'est pas uniquement d'enregistrer les incidents, mais surtout d'en identifier les causes sous-jacentes et d'exploiter les enseignements tirés pour améliorer la sécurité lors des missions futures.
5. Une meilleure harmonisation avec la VCA 2026/6.1
La nouvelle LSI/VCU est davantage harmonisée avec la checklist VCA actualisée, destinée aux entreprises contractantes. Cette évolution vise à renforcer la cohérence entre les systèmes de management de la sécurité des entreprises de travail intérimaire et ceux de leurs clients certifiés VCA.
Cette harmonisation est particulièrement importante en matière de responsabilités, de maîtrise des risques et d'échange d'informations.
En Belgique, la fiche de poste de travail reste essentielle
L'une des nouveautés notables est l'introduction, aux Pays-Bas, du Risico Scan Uitzendkrachten (RSU – Scan des Risques travailleurs Intérimaires), un outil d'analyse des risques destiné aux travailleurs intérimaires. Cet instrument facilite l'échange et la formalisation des informations relatives aux tâches, aux risques, aux mesures de maîtrise et aux responsabilités des différentes parties concernées.
En Belgique, un dispositif différent reste toutefois d'application : la fiche de poste de travail prévue par la réglementation belge. Il est confirmé explicitement que le RSU est destiné aux Pays-Bas et que la fiche de poste de travail reste applicable en Belgique.
Dans le cadre de la réglementation belge relative au bien-être au travail, la fiche de poste de travail joue un rôle important dans l'échange d'informations entre l'utilisateur et l'entreprise de travail intérimaire. Elle contient notamment des informations sur le poste de travail, les qualifications requises, les risques ainsi que les mesures applicables en matière de surveillance de la santé et de protection individuelle.
La nouvelle LSI/VCU ne modifie en rien les obligations légales applicables en Belgique à l'occupation de travailleurs intérimaires. Le référentiel de certification constitue une garantie complémentaire et volontaire d'une approche structurée de la sécurité et de la santé au travail.
Pour les entreprises de travail intérimaire belges, le principal enjeu consiste donc à exploiter au mieux la fiche de poste de travail existante et les échanges d'informations qui l'accompagnent, tout en assurant un suivi démontrable des accords conclus pendant toute la durée de la mission. Il convient toutefois de rappeler que l'obligation légale d'établir une fiche de poste de travail dépend des conditions prévues par la réglementation belge et ne s'applique pas indistinctement à toutes les missions d'intérim.
Quelles conséquences pour les entreprises de travail intérimaire et les utilisateurs belges ?
La nouvelle LSI/VCU impose aux entreprises de travail intérimaire certifiées d'évaluer leur système actuel de management de la sécurité et de la santé au regard des exigences actualisées.
Une attention particulière doit notamment être accordée à la sélection et aux qualifications des travailleurs intérimaires, aux échanges d'informations avec les utilisateurs, aux instructions communiquées aux travailleurs intérimaires, au suivi des conditions de travail ainsi qu'à l'enregistrement et à l'analyse des incidents.
Les entreprises utilisatrices ont également un rôle actif à jouer. Elles disposent généralement des connaissances les plus précises concernant les postes de travail, les activités à effectuer et les risques présents. La transmission, en temps utile, d'informations complètes et correctes à l'entreprise de travail intérimaire est donc essentielle. Cela s’applique également en cas d’incidents ou d’accidents survenus aux travailleurs intérimaires.
La certification LSI/VCU ne dispense pas l'utilisateur de ses responsabilités légales en matière de sécurité et de santé sur le lieu de travail.
Transition vers la nouvelle LSI/VCU
La LSI/VCU 2026/6.0 entrera en vigueur le 1er janvier 2028. in werking.
D'ici cette date, les entreprises de travail intérimaire pourront se préparer aux nouvelles exigences et adapter leurs procédures, documents, enregistrements et méthodes de travail. À partir du 1er janvier 2028, les entreprises de travail intérimaire certifiées devront appliquer la nouvelle LSI/VCU et les audits de transition pourront être réalisés.
Conformément aux dispositions transitoires officielles, seuls les certificats établis selon la LSI/VCU 2026/6.0 seront encore valables à partir du 1er avril 2029.Cette période transitoire permettra donc aux titulaires actuels d'un certificat LSI/VCU de mettre progressivement en œuvre les nouvelles exigences et de faire réaliser en temps utile l'audit de certification nécessaire.
Bien plus qu'une adaptation administrative
La LSI/VCU 2026/6.0 rappelle que la sécurité et la santé des travailleurs intérimaires ne relèvent pas exclusivement de la responsabilité de l'entreprise de travail intérimaire ou de celle de l'entreprise dans laquelle ils exercent leurs activités.
Une prévention efficace nécessite une collaboration étroite, une répartition claire des responsabilités et un échange d'informations de qualité, tant avant que pendant la mission.
Pour les entreprises de travail intérimaire belges, la nouvelle LSI/VCU constitue une occasion de réévaluer leurs processus existants, de renforcer la collaboration avec les utilisateurs et de mieux intégrer la fiche de poste de travail prévue par la réglementation belge dans une politique cohérente de sécurité et de santé au travail.
Documents officiels : cliquez ici.
